Marion témoigne (1/5): Quelles différences entre le système Anglais et Français ?

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La Cigogne a rencontré Marion, maman de Joséphine (5 ans) et Victor (3 ans). Marion a vécu ses deux accouchements dans deux contextes géographiques différents : Le premier en France et le deuxième à Londres. Marion se confie à la Cigogne et nous guide afin d’établir une comparaison entre le système anglais et français.

L’arrivée d’un deuxième bébé peut souvent être « plus facile » car notre corps est déjà passé par là… Mais l’arrivée d’un deuxième bébé à l’étranger, dans une autre langue et avec une système médical diffèrent peut prendre une tout autre ampleur !

Nous diviserons ce témoignage en 5 articles. Chaque article traitera d’un sujet précis autour de la grossesse, accouchement, retour à la maison etc… Milles mercis à Marion de partager avec nous son expérience et tous ses ressentis !

Comparatif 1 : L’Accompagnement médical pendant la grossesse

Concernant le suivi médical français et anglais pendant tes grossesses, quelles sont les plus grandes différences que tu as pu retenir ?

J’ai vécu deux grossesses suivies très différemment avec du bon et du moins bon de part et d’autre.

Sur l’écoute et la prise en charge d’abord. En France, alors qu’il s’agissait d’une grande première pour mon mari et moi, nous avons eu le sentiment d’être considérés comme des «patients lambdas » alors qu’au Royaume Uni, nous étions considérés comme des parents accueillant leur deuxième enfant. C’est difficile à expliquer car c’est de l’ordre du ressenti mais globalement je me suis sentie plus écoutée et comprise par le système anglais.

La dimension très médicalisée en France ne m’est apparue que lors de ma deuxième grossesse. Ma première grossesse et premier accouchement ont été très (trop?) médicalisé. Mais, je ne l’ai réalisé qu’en ayant pu vivre une expérience différente, plus « nature » ici à Londres. Je ne dis pas que le très médicalisé n’est pas bon, il est même dans certains cas utile et nécessaire. C’est juste qu’en France, on ne m’a que très peu parlé de méthodes naturelles, douces. J’ai eu pas mal de nausées pendant mes grossesses. En France, on me soulageait en me prescrivant du Spasfon. En Angleterre, avant de me parler solution médicamenteuse, on m’a conseillé sur les aliments à éviter ou à privilégier par exemple. En France, pour obtenir ce genre de conseils, peut être vu comme des remèdes de grand mères, il faut aller les chercher soi-même. Ici, le personnel médical vous en informe, cela place donc l’information sur le terrain du « sérieux » et pas sur le « remède ».

Mon projet de naissance à Londres été plus poussé, on m’a offert plus d’options (mais cela est peut-être dû à la ville et non au pays. J’ai accouché de ma fille en Normandie et pas à Paris). Dans les deux cas, ma grande crainte était d’accueillir mon enfant dans la douleur, sans être détendue. Je ne voulais pas associer notre première rencontre avec l’idée de souffrance physique. J’ai donc opté pour la péridurale en France. On m’avait parlé de salle nature, de méthode plus naturelle mais sans plus. J’ai donc privilégié l’option qui me semblait la plus rassurante pour mon bébé, moi-même (et le papa !). Cela ne s’est finalement pas du tout passé comme prévu et je n’ai pas pu avoir de péridurale.

Cette crainte est restée pour la deuxième naissance, sauf que je me connaissais mieux et me suis rendue compte que j’avais sous-estimé ma résistance à la douleur et ma capacité à la gérer. Cà plus le discours tenu par les équipes anglaises sur les possibilités d’accouchement moins médicalisé m’ont convaincues. On nous a expliqué calmement, clairement tout ce qu’il était possible d’envisager tout en tenant compte de nos demandes et craintes d’expatriés. Et cela peut aller très loin puisqu’il est tout à fait possible d’accoucher dans l’eau chez soi sans que cela soit compliqué à mettre en place ou vu bizarrement, ce qui ferait bondir plus d’une maman française ! Mon suivi et ma prise en charge le jour J ont parfaitement respecté mes souhaits et c’est dans une grande baignoire toute juste remplie que je me suis glissée pour donner naissance pour la deuxième fois, un excellent souvenir.

Ce que je retiens tout de même de très positif sur mon suivi de grossesse en France, c’est qu’il a été très complet. Les parents ne sont pas laissés dans l’incertitude ou livrés à eux même. Alors oui, c’est plus médicalisé mais un suivi poussé permet aussi de pouvoir déceler mieux et plus rapidement des problèmes potentiels. En Angleterre, on nous dit souvent qu’il faut être à l’écoute de son corps mais dans le cas d’une première grossesse, quand tout est nouveau, il y a un côté très rassurant de rencontrer des professionnels régulièrement pour leur faire part de nos doutes. Je suis convaincue que j’ai pu vivre une deuxième grossesse sereinement et plus détendue dans le système de suivi anglais moins intrusif car mon suivi de première grossesse plus poussé m’a offert les connaissances dont j’avais besoin et qui auraient pu me manquer ici.

Le système français intervient globalement d’avantages (Toxoplasmose, Surveillance du poids, 3ème échographie…) Comment as-tu vécu ta deuxième grossesse à Londres sans forcément aborder ces sujets ?

Effectivement, le système anglais est plus « light » sur la surveillance de la Maman et du Bébé. Mon regard est un peu biaisé car j’avais abordé tous ces sujets (toxoplasmose, surveillance de poids, 3ème écho, …) pour ma première grossesse vécue en France. N’ayant pas fait la toxoplasmose pour aucune de mes 2 grossesses, je connaissais déjà les précautions à prendre, la 3ème échographie ne m’a pas vraiment manquée et quand à la surveillance de poids, je l’ai presque vécue comme une bonne chose ! Il faut dire que j’ai pris plus de 30 kilos pour chacune de mes grossesses (je vous rassure, on finit toujours par les reperdre !). Mon gynéco en France me faisait la morale à chaque rendez-vous de suivi sur ma prise de poids qui était trop importante, et il avait très certainement raison. Mais les kilos apparaissaient tellement vite, sans que je me goinfre ou reste complètement inactive ! Ici, en Angleterre, on m’a informé des risques de prendre trop de poids, on m’a expliqué comment faire pour limiter la prise des kilos mais sans ce côté moralisateur. Vivant à ce moment-là une deuxième grossesse, avec une enfant de 2 ans à gérer, en plein déménagement dans un pays qui n’est pas le mien, sans famille autour de soi, et pas encore d’amis au coin de la rue à qui se confier, j’ai particulièrement apprécié qu’on me lâche les baskets sur les kilos !

Je pense que le système anglais part du principe que si tout va bien, médicalement parlant, psychologiquement parlant, pour la Maman et le Bébé, alors laissons faire la Nature. Mais ces informations ou examens là restent tout de même importants et il faut les avoir à l’esprit. Les bons réflexes à adopter pour la toxoplasmose par exemple, c’est capital.

Il y a un autre sujet dont personne ne m’a jamais parlé ici. C’est la sage-femme qui me suivait en France et qui m’avait expliqué l’importance du massage du périnée avant l’accouchement. Cela ne plaît pas ou ne fonctionne pas pour toutes les femmes et il faut connaître les bons gestes mais cela m’a beaucoup aidé, pour détendre les tissus, et préparer le passage du Bébé. Mais quelle galère pour trouver l’huile adaptée ici !

Comment as-tu vécu ton suivi de grossesse en anglais ?

Plutôt bien ! Ma plus grande crainte était de ne pas comprendre tout ce que mes interlocuteurs pourraient me dire, la barrière de la langue ou un accent très prononcé n’aidant pas. Mais mon niveau d’anglais était suffisant pour que je ne me sente pas perdue et j’ai pas mal lu sur le sujet en anglais pour me familiariser avec certains termes propres au suivi de grossesse.

Mais surtout, j’ai toujours eu à faire à des personnes très compréhensives qui n’hésitaient pas à parler moins vite, à répéter, qui s’assuraient de ma compréhension et me demandaient si j’avais des questions. On m’a même offert la possibilité d’avoir un traducteur pour m’accompagner si j’en ressentais le besoin. J’imagine que c’est un avantage proposé pour un suivi dans une grande ville comme Londres, cosmopolite et qui compose avec de multiples nationalités et cultures.

Je redoutais aussi l’accueil qui serait réservé à mon aînée (âgée de 2 ans à l’époque). Venant d’arriver, je n’avais pas encore de solution de garde, de famille ou d’amis qui pourrait la garder pendant mes rendez-vous, le Papa assistant également au suivi de ma grossesse. Et là encore tout s’est très bien passé. Je n’ai jamais eu à attendre trop longtemps en salle d’attente, et le personnel avait toujours un petit mot gentil à son égard, la valorisant dans son futur rôle de grande sœur. Cela nous a aidé à préparer l’arrivée de son petit frère, elle pouvait concrétiser le « Bébé dans le ventre de Maman ».

Il en était de même pour le Papa pour qui les interlocuteurs avaient toujours un petit mot sympa.

Ma plus grande surprise reste les premiers mots que j’ai prononcés à mon fils. Ayant accouché avec 2 sages-femmes parlant anglais et étant « baignée » dans la langue pendant les quelques heures de mon travail et les poussées, c’est en anglais que je me suis adressée à lui pour notre première conversation en face à face !

Afin de rassurer nos lectrices enceintes, quel est ton ressenti sur la prise en charge NHS ?

Je l’ai trouvé très bon, adapté, avec des personnes à l’écoute et attentives à mes besoins. Ma grossesse s’est très bien passée, aucune complication ou autre, cela a sûrement aidé. D’autant plus que je vivais là ma deuxième grossesse, je savais donc (plus ou moins !) à quoi m’attendre.

Mon mari et moi avons tout de même choisi de suivre les groupes de préparation à l’accouchement proposé au sein de l’hôpital où notre fils viendrait au monde et ce même si nous étions déjà passé par là. De quoi nous rassurer, de voir ce qui se pratiquait comme en France ou différemment, quelles options s’offraient à moi sur la prise en charge de la douleur pendant le travail, quel accueil par l’hôpital pour le jour J et les suivants… Nous étions le seul couple qui attendait un deuxième enfant et sommes vite devenus une « attraction » pour certains parents qui nous posaient des questions sur les premiers mois de vie !

Je me suis sentie entourée, accompagnée par toutes les personnes NHS que j’ai pu rencontrer pendant ces quelques mois. Que ce soit d’un point de vue strictement médical mais aussi psychologique avec tout ce que peut représenter l’arrivée d’un enfant dans une famille.

Je ne sais pas si mon ressenti aurait été le même pour une première grossesse, où tout est nouveau et où la Maman doit se familiariser avec tellement de changements (physiques et autres). J’ai l’impression que je me posais plus de questions en attendant mon premier enfant. Pour le second, on arrive en terrain connu, ou un peu moins inconnu ! Mais j’ai la nette sensation que si j’avais eu plus de questions à poser, j’aurais trouvé des réponses, claires et adaptées à mon profil de Française vivant à Londres.

 

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